David m'a déjà beaucoup parlé du Verneau, pour lui cette rivière représente beaucoup, «
c'est une rivière très capricieuse, que l'on peut apprécier uniquement quand elle en a décidée » dit-il. C'est 8km de bonheur, où l'on se laisse porter par l'eau. Il avait déjà tenté de le traverser à quatre reprises, mais n'a réussi qu'une fois. Il y a quelques jours, Matthieu THOMAS nous contacte par mail, est nous dit quasi texto «
il fait beau et si on traversait le Verneau ». Au début pas trop chaud, David a finalement accepté (en fait il a dû hésiter 20 secondes au max, le temps de regarder la météo). Aussitôt dit aussitôt près, nous voilà réuni tous les trois : Matthieu, David et moi au repère de la Baume des Crêtes le vendredi soir. Très bonne soirée d'ailleurs, où des anciens camarades se retrouvent et racontent le chemin qu'ils ont parcouru chacun de leurs côté, en sirotant une ch'tite mousse ! Mais quand il faut être sérieux, bah... faut être sérieux.
par Matthieu THOMAS / La charnière sur laquelle se développe le réseau du Verneau.
Levé le lendemain à 6h00 petit café croissant, préparation des bidons de bouffe et kits perso avec comme mot d'ordre,
AUTONOMIE ! Chacun à sa bouffe, son eau, sa néo et son carbure. Plus un kit de corde (normal). David descend pour équiper les biefs, pendant que Matthieu et moi, nous partons déposer une voiture sur le parking de
Nans sous Sainte-Anne.
Entré dans les biefs à 9h (pour moi et mat) nous enchaînons les quelques puits à la vitesse de l'éclaire, jusqu'à rejoindre David qui finissait de descendre le dernier bout de corde. Puis aussitôt au fond nous attaquons le 'terrible' méandre. David passe devant et je l'entends parfois peiner un peu avec son kit mais rien d'alarment, Matthieu avance... sans commentaire. Finalement on arrive au bout des 200m. Moi, pas fatigué un peu essoufflé et un peu transpirant normal je suis venu là pour ça. En fin de compte la réputation de ce méandre et plus dur que le méandre lui-même !!! Il suffit de le prendre sereinement. Après une petite marche jusque la salle Machin, nous enfilons le bas de nos néo et descendons la dernière succession de puit. Enfin nous arrivons à la porte du Verneau. A l'époque, David avait vu ce passage comme une voûte mouillante. Cette fois si, rien. Un passage normal qui marque l'esprit que parce que David nous avait indiqué qu'on entrait dans le Verneau. Quelques centaines de mètres plus loin (une promenade de santé dans la rivière, parsemée de quelques trémies pour ne pas s'ennuyer) nous voici au bord du siphon des Patafoin.
par Matthieu THOMAS / Salle de la Décentation dans les Biefs-Boussets.
Tranquillement nous mettons les hauts des néoprènes et nous préparons à passer. C'est la première fois pour Mat et moi qu'on passe un siphon en apnée. David l'ayant déjà fait, il passe le premier, avec la consigne qu'une fois de l'autre côté, il tire trois fois sur la corde pour dire que tout va bien. Les trois coups sont donnés. Une fois passé, il devait tirer les kits qu'on avait fixés à une corde, mais visiblement ils se sont coincés. Après quelques minutes de réflexion, Mat décide de passer. Première tentative, son casque se décroche, hihihi. Deuxième tentative ... j'attends,... j'attends toujours, pas les trois coups... le stress monte. Puis je vois que quelqu'un tente de tirer les kits ! Je me dis que Mat est passé et qu'ils essayent à deux de les tirer. Je passe la tête sous l'eau en suivant le fil qui était coincé au plafond du siphon, Les kits passent. Je me retrouve là tout seul. Dans une eau boueuse et froide, en face d'un siphon d'un mètre de profondeur et de... je ne sais pas quelle longueur puisque je ne l'ai jamais fait !!! Le stress monte encore. Finalement les trois coups sont donnés. Il ne reste donc plus que ma carcasse à faire passer. D'abord, je prends l'eau une dernière fois, elle est froide, je suffoque un peu en reprenant mon souffle.
Puis une fois calmé je prends une bonne respiration... et j'y vais. Je ressors de l'autre côté un peu affolé dans mes pensées, mais je respire !!! J'ai dû couper mon souffle à peine cinq secondes pour traverser les 3m, mais ça m'a paru très long !!! Le stress redescend et je regarde le siphon, ouai... tout cela pour ça... «
Quand est ce qu'on mange ?! » Nous retirons les néoprènes et continuons un peu.
par Matthieu THOMAS / David s'apprêtant à plonger le siphon des Patafoins.
Nous nous posons dans la salle du gnome, après le tube en U (passage critique en cas de crue) c'est ici que débouche le Gouffre de la Vielle Folle (qui alimente 80% du réseau du Verneau !). Après une petite collation, nous repartons et arrivons à la salle Jarbraud de bois. Ici 2 itinéraires permettent de continuer (de distance égale). Nous avons choisi une longue galerie en forme de vagin, très jolie mais douloureuse pour les pieds ! « David :
A ouai ? Moi j'aurais pensé pour autre chose » Il s'agit d'une faille qui se referme vers le bas !! On marche donc en vérité en coinçant les pieds dans cette faille ! Arrivé au puits du fou, c'est trop fou !! Il faut le descendre et atterrir dans une flaque d'eau où on n'a pas pieds. « David : Mouai j'aurais plutôt dit un lac ... » De plus, il faut retirer le descendeur !! Plus loin, une succession de vasques sans fond est à franchir jusqu'à la salle de la Corniche d'où nous sortons du réseau actif. Plus loin sur le chemin, un grand bassin s'offre à nous. Magnifique ! L'eau est exceptionnelle et la gorge magnifiquement taillée. «
Quoi ? Mais qu'est-ce que c'est que cette merde ? » En entrant dans l'eau les pieds s'enfonce dans 50 centimètres de boue et trouble aussitôt toute la flotte ! Bon pas grave, faut avancer. De toute façon la beauté des lieux nous fait oublier la boue et je dirais même quand fin de compte, ce n'est pas si désagréable... hum hihi. On a l'impression d'être sur la lune, en apesanteur (ohhh je flotte !!! mdr). Puis nous prenons un peu de repos dans la salle du bon Négro. Après une 2ème collation, nous continuons pour retrouver l'actif après la salle du petit Négro.
par Matthieu THOMAS / Salle Machin, où il fait bon de faire une pause.
Arrivé à la salle Belauce, «
La fin est proche », nous dit David, «
plus que 15min' ». Ok, on en profite pour bifurquer un peu et aller voir le légendaire tripode. Il est Bizarre !!! C'est vraiment très très louche comme concrétion. « David:
Je dirais même plus, c'est vraiment très très louche ... » On ne devinerait pas que c'est naturel est quand on le voit, on y croit encore moins. Puis nous retournons sur nos pas pour finir la traversée. Le puits du légionnaire nous permet de shunter un siphon en passant par une galerie fossile. Plus loin nous remontons encore un autre puits et traversons une succession de tubes et grandes salles toutes plus invraisemblables les une que les autres. La galerie de la bétonnière (tube de 1,3m de diamètres tout rond), galerie des aiguilles (avec du gypse), salle des momies (avec des blocs), la plage (c'est une plage avec du sable quoi, manque seulement une tireuse à bière), salle blanche, etc... nous quittons définitivement l'actif en direction de Baudin, par une vire en inox dans la galerie des marmites.
par Matthieu THOMAS / La chose bizarre : Le Tripode.
«
Plus que 15 min' » nous dit David, «
oui c'est bon on les connaît tes 15 min !!! » de plus, j'ai déjà fait Baudin, avec la fatigue, tu peux compter 1h !!! Bref ... David passe le premier, moi le 2nd et Mat en dernier. Au cas où certaines personnes ne se sentent pas encore fatiguées, ce boyau est là pour leur rappeler leurs douleurs !!! Il achève tout le monde !!! Enfin bref après quelques acharnements contre les kits qui raccrochent partout, on remonte tous le dernier puits. A cet instant, malgré la fatigue on le sait tous, ça va être chiant !!! Une succession de salle entrecoupée par des passages bas voir très bas nous attend, «
plus que 15 min' » rajoute David avec un sourire !!! Mais qu'importe, la sortie est là, juste là, on y est, on la traversée !!! Facile non ?!
par Matthieu THOMAS / Bin, oui ... no comment !
Malgré la fatigue et les quelques courbatures du lendemain, cette traversée restera mémorable, d'abord par son aspect sportif, mais aussi parce que les variations de forme, de couleur, de texture et dévolution ne laisse aucune place à l'ennui, notre pire ennemi !!!!
Temps
Passé
Sous
Terre : 12h